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La première guerre de Toronto de Daniel Marchildon
Corine, âgée de 14 ans, au travail dans le magasin de
son père Albert Sirois, au 295 rue Queen est (1911).
Toronto, septembre 1916. Napoléon Bouvier, un jeune boxeur franco-ontarien, quitte le ring pour joindre les rangs de l’armée canadienne en Europe. Il reviendra du front tourmenté par des blessures physiques et psychologiques, incertain de son avenir dans sa ville natale où règne un climat francophobe. Mais voilà que le soldat, qui croyait avoir échappé aux horreurs de la guerre, doit affronter un nouvel ennemi impitoyable et invisible : la grippe espagnole. En octobre 1918, la moitié de la population torontoise est touchée par le fléau et 50 000 personnes au pays en meurent. Napoléon a deux précieuses alliées : sa fiancée, Corine, qui aspire à devenir enseignante, et Julie, une infirmière militaire dévouée et pleine de compassion. Mais l’ennemi est de taille et cruel. Le soldat Bouvier pourra-t-il gagner cette première véritable guerre de Toronto et, si oui, à quel prix ?
Quelques faits historiques…
Août 1914. Le Canada entre en guerre. La Première Guerre mondiale durera quatre ans et mobilisera 619 000 soldats canadiens, soit environ 7% de la population. En 1917, 11% des soldats volontaires de naissance canadienne étaient des francophones, dont plusieurs franco-ontariens. À Toronto seulement, le nombre de francophones à s’être enrôlés volontairement représentait à cette époque plus de la moitié du nombre d’enfants francophones d’âge scolaire. De leur côté, les femmes participent aussi massivement à cet effort de guerre en servant leur pays comme infirmières ou comme travailleuses dans les usines de production de munitions. Entre 1914 et 1917, l’enrôlement volontaire ne permettant pas d’atteindre la participation de 500 000 hommes souhaitée par le gouvernement canadien, ce dernier impose, le 28 août 1917, une loi rendant le service militaire obligatoire.
Opératrices de machine (Women Operators), Peinture par
George Andrew Reid, Collection d'art militaire Beaverbrook
(MCG 19710261-0551)
La conscription fut l’un des débats les plus violents de l’histoire politique canadienne, opposant principalement les francophones, majoritairement contre cette mesure, et les Canadiens anglais. L'Ontario était à cette époque en processus d'interdire l'éducation en français, soulevant un tollé au Canada français, qui percevait cette mesure comme une tentative de détruire la communauté francophone du pays. Ces protestations se traduisirent donc par un très faible appui des francophones à l’effort de guerre aux côtés des armées canadiennes et britanniques
Toronto Star, vendredi 4 octobre 1918, p. 4
Le 11 novembre 1918, l’Armistice est déclaré, mais avec 61 000 morts et 172 000 blessés, le bilan est lourd pour le Canada. Et malheureusement, un nouvel événement dramatique vient assombrir les réjouissances. En effet, au moment où la guerre se termine, la population canadienne doit affronter un nouvel ennemi tout aussi féroce : l’épidémie de grippe espagnole, propagée par les soldats atteints qui revenaient d’outre-mer. En peu de temps elle crée des ravages, 50 000 Canadiens y succombant. Au niveau mondial, entre 50 et 100 millions de personnes en meurent. Le nombre de victimes de la grippe s’est donc avéré 5 à 11 fois plus élevé que celui de la guerre. |
Daniel Marchildon
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Biographie
Tout comme son héros, Napoléon Bouvier, Daniel Marchildon est Franco-Ontarien de souche. Il n’est toutefois ni boxeur, ni soldat, mais depuis une trentaine d’années, il lutte pour la littérature d’ici. Né à Penetanguishene, en Ontario, il habite toujours dans sa région natale de la Huronie, soit à Lafontaine, à 160 km au nord de Toronto. Son œuvre compte une vingtaine de publications, dont sept romans pour jeunes et trois pour grand public, des ouvrages historiques et des scénarios pour la télévision et le cinéma. Il a également fait paraître des nouvelles littéraires, des articles et des critiques. Dans ses ouvrages, il aborde des thèmes qui lui sont chers : la quête de l’identité en contexte minoritaire, le métissage, la petite et la grande histoire, le tout avec humour et justesse. Sa production connaît du succès sur la scène littéraire. En 2009, le Conseil supérieur de la langue française du Québec lui décernait le Prix Émile-Ollivier pour L’eau de vie (Uisge beatha). Son roman, Le pari des Maple Leafs, s’est classé au Palmarès de Communication-Jeunesse et a fait l’objet d’une adaptation de 26 minutes pour la télévision, diffusée à TFO en 2002 dans la série Télé Litté. Enfin, en 1989, son premier roman, Le secret de l’île Beausoleil, obtenait le prix de littérature-jeunesse Cécile-Rouleau de l’ACELF. Certains de ses romans sont étudiés dans le milieu scolaire, où il anime divers ateliers de création littéraire et d’écriture journalistique pour enfants et adolescents. Lors de ses rencontres avec le jeune public, il met l’accent sur la nécessité de « vaincre la paresse du lecteur » et le plaisir de « faire de l’art visuel avec les mots ».
Pour de plus amples renseignements, consultez le site des Éditions David. |
